Le 12 juin 2026, le Conseil Café-Cacao a rendu la carte du producteur obligatoire pour toute transaction de cacao à partir du 1er septembre 2026. 1,1 million de producteurs recensés, 3 millions d'hectares géolocalisés — le chantier technique est là. Mais le chantier opérationnel des acheteurs, négociants et coopératives reste entier.
## Un système national de traçabilité — et un chantier SC invisible
Le 12 juin 2026, le directeur général du Conseil Café-Cacao, Koné Brahima Yves, a annoncé devant les producteurs, transformateurs et exportateurs une date qui va changer le fonctionnement de toute la filière : à partir du 1er septembre 2026, aucun cacao ni café ne pourra être vendu sur le territoire ivoirien sans la carte du producteur.
Ce n'est pas une réforme administrative. C'est un saut opérationnel.
1,1 million de producteurs recensés. 900 000 cartes produites et distribuées.
3 millions d'hectares de cacaoyères géolocalisées.
(Source : Conseil Café-Cacao, conférence de presse, 12 juin 2026 — Abidjan Plateau)
## La Supply Chain du cacao ivoirien : une illusion de maitrise
La Côte d'Ivoire produit 40 % du cacao mondial. Chaque campagne, des milliards de FCFA transitent entre les planteurs, les acheteurs, les exportateurs et les ports d'Abidjan et San-Pedro. Mais ces flux énormes n'ont jamais été pilotés. Ils ont été subis.
Les diagnostics que nous conduisons auprès d'entreprises de négoce et de transformation agricole en Côte d'Ivoire révèlent systématiquement le même tableau : pas de procédures d'enregistrement des achats, pas de traçabilité interne des lots, pas de réconciliation entre les volumes achetés et les volumes déclarés à l'export. Les acteurs de la filière ont des opérations. Ils n'ont pas de Supply Chain.
Ce n'est pas une critique. C'est un constat structurel hérité de décennies d'organisation informelle.
## Ce que le Système National de Traçabilité va exiger — concrètement
La carte du producteur, dotée d'un QR code, d'un numéro unique et d'une puce bancaire, rend obligatoire l'enregistrement de chaque transaction. Aucun cacao ne pourra être acheté en espèces. Chaque achat sera lié à l'identité du producteur, au verger geolocalisé, et au terminal électronique de l'acheteur.
Pour les acheteurs, les négociants et les coopératives, cela signifie :
Entre le 1er octobre 2025 et le 31 mars 2026, 160 000 tonnes de cacao ont déjà été commercialisées avec traçabilité complète. C'est le pilote. À partir de septembre 2026, c'est la totalité de la production.
(Source : AIP, 12 juin 2026)
## Ce que font les acteurs préparés — et ce qui sépare les autres
Les entreprises qui anticipent cette transition partagent trois caractéristiques :
Les autres découvriront le 1er septembre que leur organisation informelle est incompatible avec le nouveau cadre — et qu'aucun délai de grâce n'est prévu. Celui qui n'a pas sa carte ne peut pas vendre son cacao, a prévenu le DG du CCC. Celui qui n'a pas ses processus ne pourra pas opérer.
La réforme du Conseil Café-Cacao impose à la filière ce que la Supply Chain aurait dû construire depuis longtemps par elle-même : la visibilité sur ses propres flux.
Le Système National de Traçabilité résout le problème de l'identification des producteurs. Il ne résout pas le problème de la capacité opérationnelle des acheteurs, des négociants et des coopératives à intégrer ces données dans leur gestion quotidienne.
C'est précisément ce maillon — entre l'obligation réglementaire et la réalité terrain des entreprises — que Cabinet Technose intervient.
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Sources :
7info.ci — 12 juin 2026
Conseil Café-Cacao (CCC) — conseilcafecacao.ci
China.org.cn / French — 13 juin 2026